Études et conseil en stratégie narrative

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Notre actualité

Valérie Pécresse et Michel Sapin vous ont-ils convaincu ?

13 mars 2012

Résultats de l'enquête Institut Médiascopie / France Inter


L'analyse de la médiascopie par Denis Muzet :


Michel Sapin domine Valérie Pécresse, selon notre Médiascopie. Ce quatrième débat de la Matinale, au lendemain du discours de Villepinte, n’inverse pas la tendance qu’on observe depuis le premier. Les représentants de l’opposition, et c’est encore le cas aujourd’hui, gagnent chaque fois haut la main.

Sur l’Europe et le discours de Villepinte de Nicolas Sarkozy : “il n’y a rien de neuf, attaque bille en tête Michel Sapin, je ne comprends pas que celui qui a été président cinq ans s’aperçoive maintenant qu’il y a un sujet très important à traiter” ; ce faisant, il met de son côté les électeurs de Marine Le Pen avec ceux de la gauche ; l’adhésion grimpe à 6,8/10. Et quand il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir adopté “une posture anti-européenne” pour “créer des césures et essayer de récupérer une partie de l’électorat de l’extrême droite”, les électeurs de l’extrême droite, précisément, acquiescent, comme s’ils refusaient une forme d’instrumentalisation. Valérie Pécresse a beau rappeler que Nicolas Sarkozy a remis la France au cœur de l’Europe et qu’il l’a sauvée à nouveau en décembre dernier, elle ne convainc pas. Elle ne convainc, en réalité, que sur le Small business act à l’Européenne, affirmant que “la croissance passera par la production en Europe”. L’adhésion est consensuelle et grimpe alors à 6,6/10.

Sur le bilan du quinquennat : Michel Sapin a ici une formule qui fait mouche, expliquant que “le candidat d’aujourd’hui, c’est le président d’hier”, et qu’en conséquence “il doit d’abord rendre des comptes sur son bilan”. Il rallie à nouveau les trois quarts de l’auditoire, la droite dure rejoignant les gauches classique et radicale dans l’approbation. Et quand Valérie Pécresse, bravache, lance : “notre bilan est remarquable, que ce soit sur le volet social ou économique, je suis prête à en débattre”, le rejet est quasiment consensuel…

Sur la dépense publique : la ministre du budget marque des points d’entrée de jeu en déclarant qu’“un gouvernement qui ne ferait pas du désendettement sa priorité serait irresponsable”. Mais l’énumération, qui suit, des dépenses publiques que Nicolas Sarkozy réélu entend diminuer - en particulier la poursuite du “un sur deux” - suscite un rejet général, hormis de la part des électeurs de l’UMP qui, au contraire, s’en réjouissent. Michel Sapin rappelle alors que “jamais l’endettement n’a été aussi élevé, conséquence de décisions qui ont été prises par ce gouvernement” ; il rallie à nouveau la droite dure avec la gauche, et c’est l’ensemble de l’auditoire qui l’approuve quand il explique qu’“il ne peut y avoir de sérieux budgétaire sans une politique de croissance”. L’adhésion culmine ici à 7/10.
À partir de là, Valérie Pécresse ne cessera de cliver entre la droite, qui la soutient, et la gauche, qui rejette ses propos, baptisant François Hollande “candidat caméléon” et l’accusant de vouloir mettre en place un “programme anti-croissance”, avec une hausse du coût du travail. Mais le débat s’enlise ensuite dans une bataille de chiffres qui n’est pas de nature – c’est le moins qu’on puisse dire – à le clarifier.

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Daniel Cohn-Bendit et Henri Guaino vous ont-ils convaincu ?

6 mars 2012

Résultats de l'enquête Institut Médiascopie / France Inter


L'analyse de la médiascopie par Denis Muzet :


Daniel Cohn-Bendit domine Henri Guaino, selon notre Médiascopie, mais ce dernier ne fait pas pâle figure, loin de là, il marque même des points, et pas forcément là où on l’attendait.

Sur l’Europe et une éventuelle renégociation du Traité : Daniel Cohn-Bendit ouvre le feu en entraînant l’ensemble des Français, à l’exception notable des électeurs de l’UMP, quand il invite François Hollande et les écologistes à louer un Airbus, se rendre à Berlin et négocier avec le SPD et les “écolos”, qui y sont eux aussi favorables, un “paquet commun” destiné à renforcer le Traité dans sa dimension de solidarité. Henri Guaino a beau expliquer qu’il y avait le feu au lac et que “sans compromis, l’Euro aurait explosé”, il ne convainc pas les extrêmes – gauche radicale et droite dure. Daniel Cohn-Bendit ramasse la mise en donnant une leçon de politique : selon lui, dès lors qu’Angela Merckel était en position de faiblesse, ayant absolument besoin de voir ratifié le Traité, un espace de négociation s’ouvrait, qui permettait d’améliorer son volet solidarité. À partir de là, Henri Guaino a beau répéter à qui veut l’entendre qu’annoncer qu’on va renégocier le Traité est une illusion, l’hymne de Daniel Cohn-Bendit au volontarisme politique – “en démocratie il n’y a jamais une situation où il n’y a pas d’autre choix” – rallie à son panache l’ensemble des électeurs !

Sur l’école républicaine : Henri Guaino braque d’emblée la gauche en invitant le Parti socialiste à rompre avec les “pédagogistes” qui ont “mis à mal l’autorité du maître” ; mais il retrouve son adhésion quand il explique que les principes de l’école de Jules Ferry, jugés un instant dépassés par Cohn-Bendit, restent les siens. C’est pourtant le député européen des Verts qui emporte la mise sur deux éléments : d’abord quand il déclare important que le français comme langue minoritaire soit soutenu en Tunisie, ce qui ne plaît pas, dit au passage, à la droite dure… Ensuite quand il dresse l’échec de l’école républicaine qui n’a pas réussi à garantir à tous les enfants l’accès à des études. L’adhésion est consensuelle et culmine ici à 7,2/10.

Sur la viande Halal : voilà un sujet sur lequel chacun gagne à tour de rôle dans ce débat, Henri Guaino soulignant que chacun a le droit de savoir ce qu’il mange et qu’il faut un étiquetage selon le système d’abattage, Daniel Cohn-Bendit invitant toutes les religions, dans la foulée des déclarations de François Fillon, à se poser le problème de leur évolution au regard de la modernité.

Mais c’est, au final, le député européen qui porte l’estocade, quand il se dit “profondément dérangé” par le cynisme politique de Nicolas Sarkozy qui “n’a rien à cirer du mariage gay”, mais s’y déclare néanmoins favorable parce qu’il peut en attendre des voix. S’il ne convainc pas les électeurs de l’UMP sur cette ultime attaque, il entraîne avec l’ensemble des électeurs de gauche ceux de Marine Le Pen. L’adhésion est spectaculaire, elle grimpe à 7/10. Henri Guaino n’a pas le dernier mot !

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François Baroin et Pierre Moscovici vous ont-ils convaincu ?

28 février 2012

Résultats de l'enquête Institut Médiascopie / France Inter


L'analyse de la médiascopie par Denis Muzet :


Avantage Pierre Moscovici, selon notre Médiascopie, c’est la deuxième semaine qu’un socialiste donne du fil à retordre au représentant de l’UMP dans ce débat de la Matinale. Le directeur de campagne de François Hollande domine d’un bon point le ministre des Finances de Nicolas Sarkozy, y compris auprès de l’électorat de Marine Le Pen.

Sur la fiscalité : Pierre Moscovici a beau jeu de dénoncer le bilan fiscal de Nicolas Sarkozy qui, explique-t-il, a “privilégié de façon éhontée les plus riches” : les électeurs de Marine Le Pen l’applaudissent avec l’ensemble de la gauche. Cela dit, il peine à faire passer François Hollande pour “le candidat de la Justice” fiscale, seule la gauche approuvant cette formule, même si la proposition du candidat du PS d’instaurer une tranche d’impôt supplémentaire à 75% est saluée par l’ensemble de l’auditoire, y compris les électeurs de l’UMP…

Sur le prix de l’essence et le retour à la TIPP flottante : c’est à nouveau le directeur de campagne de François Hollande qui marque un but. Pourquoi ? François Baroin rappelle que l’instauration d’une TIPP flottante sous le gouvernement Jospin avait coûté très cher et que le pays n’en a pas les moyens aujourd’hui, rigueur oblige. Ce à quoi Pierre Moscovici répond par le volontarisme politique : “Nicolas Sarkozy a dit que puisque c’est mondial on n’y peut rien. Je dis moi que non seulement on peut faire quelque chose, mais qu’on doit faire quelque chose ! Il faut marquer un coup d’arrêt”. Et bien, ça paye, l’ensemble des courbes de réaction s’envolent jusqu’à 7,3/10. Deux buts à zéro !

Sur l’Europe : François Baroin marque des points quand il explique que beaucoup, à gauche, ne comprennent pas la position du PS sur le Mécanisme Européen de Stabilité, à commencer par Daniel Cohn-Bendit. Mais son adversaire reprend l’avantage quand il appelle l’Europe a être un moteur de croissance et pas uniquement punitive.

La conclusion du débat : elle confirme la tendance générale négative des courbes pour le ministre des Finances. Après que le représentant du PS eut imploré le candidat de l’UMP de présenter son projet, tout en le taclant : “il aura du mal parce que son projet c’est son bilan”, François Baroin se livre à une ultime tentative, arguant que, dans la crise, l’expérience de Nicolas Sarkozy et son autorité sont incontestables. Et là, le rejet est très majoritaire : seule la droite classique le soutient, les courbes chutent à 4,4 sur 10 !

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Nathalie Kosciusko-Morizet et Manuel Valls vous ont-ils convaincu ?

22 février 2012

Résultats de l'enquête Institut Médiascopie / France Inter


L'analyse de la médiascopie par Denis Muzet :


Avantage Manuel Valls, selon notre Médiascopie, qui domine nettement la porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, y compris auprès de l’électorat de Marine Le Pen. Le directeur de la communication du candidat du Parti Socialiste fait beaucoup plus le plein de l’adhésion à gauche que Nathalie Kosciusko-Morizet ne fait le plein, de son côté, à droite.

Sur la renégociation du Traité européen annoncée par François Hollande, Manuel Valls entraîne la gauche - mais pas la droite - quand il explique qu’il ne faut pas sacrifier la croissance et l’emploi par une politique d’austérité. Par contre les électeurs de Marine Le Pen le rejoignent quand il accuse Nicolas Sarkozy d’avoir cédé à l’Allemagne. L’anti-germanisme est un ressort qui fonctionne encore.

TVA sociale : Nathalie Kosciusko-Morizet ne convainc que son camp quand elle justifie la mesure par le renforcement de la compétitivité des entreprises et de l’emploi. Et Manuel Valls fait à nouveau basculer les électeurs de Marine Le Pen de son côté quand il met en garde : cette mesure va pénaliser les ménages les plus modestes. Sur ce point, pour le gouvernement, c’est plié, il aura du mal à retourner l’opinion.

Nathalie Kosciusko-Morizet marque des points quand elle explique qu’avec François Hollande le changement c’est pas seulement maintenant, mais tout le temps. Pour une fois, Manuel Valls est à la ramasse ; il peine à convaincre que son favori a une vision constante.

Mais Manuel Valls cartonne sur la dénonciation de Nicolas Sarkozy. En particulier quand il l’accuse d’avoir menti ou quand il argue que notre pays a besoin de réconciliation et d’apaisement.

Néanmoins, il se prend les pieds dans le tapis sur la sécurité : après avoir expliqué qu’elle est pour la gauche une priorité, les électeurs de Marine Le Pen le sanctionnent, avec la droite classique, quand il revendique la crédibilité de la gauche sur ce sujet. Personne à droite ne pense que les socialistes ont changé dans ce domaine. Ils ont du pain sur la planche s’ils veulent convaincre !

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